Mobilisons-nous pour un salaire décent

Travailler au salaire minimum est-il suffisant pour survivre?

Travailler à temps plein au salaire minimum (10,75$/h) ne permet pas aujourd’hui de sortir de la précarité. En effet, le seuil canadien de faible revenu est de 24 328$/an. Même en travaillant 40 heures/semaine, le revenu des travailleurs et travailleuses au salaire minimum se situe 10% en dessous de ce seuil.

De plus, avec l’avènement du néolibéralisme, le marché de l’emploi a subi d’importantes transformations, multipliant les emplois précaires (temps partiel, contractuels et indépendants), alors que de l’autre côté, les services publics ont été saccagés. Il n’y a pas à dire, la situation est loin d’être reluisante.

Une étude menée en 2015 par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) confirme qu’une hausse substantielle du salaire minimum est nécessaire pour répondre aux besoins de base des travailleurs et travailleuses les plus pauvres. Selon leurs calculs, le salaire viable se situe autour de 15$/h: «Il s’agit du salaire horaire permettant à un.e salarié.e à temps complet une pleine participation sociale et une marge de manœuvre pour une sortie de la pauvreté, et ce, dans une situation et une localité donnée.» Pourtant, le gouvernement québécois ne propose qu’une augmentation de 20 cents pour la prochaine année, faisant monter le salaire minimum à 10,75$/h.

Mais avons-nous les moyens de hausser le salaire minimum, demanderont certain.es. Au Canada, le revenu annuel moyen des 100 PDG les plus riches a atteint 8 958 650 $ en 2014, estime le Centre canadien de politiques alternatives. Ces PDG gagnent le salaire annuel moyen d’une Canadienne ou d’un Canadien en une journée et demi. De 1986 à 2009, le revenu moyen du 0,1 % des Canadiens les plus riches a augmenté de 135 %, tandis que le revenu moyen des 90 % les moins riches n’a augmenté que de 8 %.

L’argent est donc là, il est seulement mal distribué. La hausse du salaire minimum à 15 $ contribuerait donc à diminuer les inégalités et améliorerait la situation des travailleuses et des travailleurs au salaire minimum ou avoisinant celui-ci.

Qui travaille au salaire minimum?

Les travailleurs et travailleuses gagnant moins de 15$/h représentent 26% des salarié.e.s au Québec, ce qui n’est pas négligeable. De plus, contrairement à la croyance fort répandue selon laquelle les employé.e.s au salaire minimum seraient majoritairement des étudiantes et des étudiants, ceux-ci et celles-ci ne représentent que la moitié de ce groupe de salarié.e.s. Pour la moitié restante, le travail au salaire minimum n’est pas une situation temporaire, bien que cela peut également être le cas pour bon nombre d’étudiants et d’étudiantes qui ne complètent pas leurs études ou ne trouvent pas de débouchés professionnels. De plus, la majorité des employé.e.s au salaire minimum sont des femmes.

Un appel à se mobiliser

La Coalition contre le travail précaire a donc lancé un appel à se mobiliser pour une hausse du salaire minimum à 15$/h à l’automne 2015. Cet appel a été entendu par de nombreux syndicats, groupes de travailleurs et travailleuses non-syndiqué.e.s et migrants ou migrantes, groupes communautaires et organisations étudiantes, de sorte que plusieurs groupes se coalisent sous le nom « 15 $ maintenant ». Les travailleurs et travailleuses du Vieux Port de Montréal, qui sont présentement en grève, ont d’ailleurs rejoint la Coalition et ont fait de cette revendication une priorité, puisque 47% de ceux-ci et celles-ci ont un revenu inférieur à 15$/h. Par ailleurs, les fédérations syndicales comme la CSN et la FTQ ont pris position pour le 15$/h, et deux grandes coalitions, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et le Front de défense des non syndiqué.e.s, ont décidé de lancer leur campagne pour 15 $ en octobre avec un slogan de 5-10-15 (fournir l’horaire de travail 5 jours à l’avance aux employé.e.s; 10 journées de congés payés; salaire minimum à 15 $ l’heure).

La campagne pour la hausse du salaire minimum à 15$/h a pour objectif d’améliorer les normes du travail par la voie d’une mobilisation populaire. « Une hausse du salaire minimum ne règle pas à elle seule tous les problèmes, mais c’est un bon début ! », explique Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM–CSN). Madame Daigneault ajoute qu’une telle revendication donne tout son sens au mot solidarité puisqu’elle permet de lutter en faveur des personnes les plus précaires.

En plus d’un salaire minimum de 15$/h, les travailleuses et les travailleurs ont besoin de syndicats solides et combatifs, de conditions de travail sécuritaires, de congés de maladie payés et de respect dans leurs milieux de travail. Dans cet esprit, les groupes organisateurs de la journée d’action pour 15 $ en avril ont présenté les revendications suivantes : le contrôle de la précarisation, l’accès égal aux droits du travail, 5 semaine de vacances, 7 jours de congé de maladie, le congé parental, le contrôle des loyers, l’ouverture de l’accès à la résidence permanente, le contrôle des agences de placement et l’accès égal à l’éducation sans égard au statut d’immigrant. Sur la base de solidarité construite avec la cause du salaire minimum, on devrait ouvrir les débats plus élargis dans le but d’améliorer la vie en générale.

 

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